Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 00:16

puits a godets

 

Lorsque je me rends sur des chantiers de curages d’anciens puits pour vérifier que l’alimentation en eau est toujours effective, j’analyse la présence de veines.

 

Il est alors toujours intéressant de comprendre comment l’emplacement du puits a été sélectionné par les anciennes générations.

 

Il s’avère que je trouve beaucoup de points communs aux choix de positionnements.

 

Croisement de veines.

 

Dans la majeure partie des cas constatés le puits se situe sur un croisement de veines. Chose logique me direz-vous. Certes, hormis qu’il est aussi constaté que les puisatiers de l’époque n’avaient pas trop les moyens de traverser une veine d’eau du fait que l’eau, une fois atteinte par le biais de la veine la moins profonde, venait envahir le puits et qu’il était quasiment impossible de continuer à creuser et à construire le puits.

De ce fait, les anciens puits se reposent souvent sur la partie supérieure de la première veine d’eau.

La seconde plus profonde ne sert donc à rien pour ce puits une fois que l’eau a été trouvée. Mais l’astuce était là je suppose, au cas où la première veine n’aurait pas répondu aux besoins escomptés (veine sèche ou tout simplement pas de veine, c’est le cas de le dire), alors il y avait moyen de ne pas perdre tout le travail déjà entamé et de continuer à creuser pour attraper la veine inférieure.

 

A chaque fois que je constate ce cas de figure, je me dis que les sourciers de l’époque n’étaient pas non plus des gens infaillibles et que les échecs devaient être aussi une probabilité.

 

Décalage du puits par rapport au centre de la veine

 

Deuxième constat couramment relevé, les puits sont décalés de quelques dizaines de centimètres par rapport au centre de la veine d’eau. Souvent ils se situent entre le centre de la veine et le bord de la veine.

Lors de mes premiers constats je me suis remis en cause, mais le fait est de constater que cette observation était redondante.

Après enquête j’ai eu information que les puisatiers de l’époque, pour éviter de se faire envahir trop rapidement par les eaux lors de leurs travaux, préféraient creuser sur une partie de la veine où le débit serait inférieur. Cette astuce permettait de descendre plus profond. Mais pour autant il devait ensuite creuser légèrement vers le centre de la veine en phase finale pour alimenter correctement le puits.

 

Les puits rectangulaires

 

Hier je me suis rendu sur un puits ancien tout à fait innovateur pour l’époque s’il le faut.

Le puits n’est pas rond mais rectangulaire. Lorsque j’ai analysé son alimentation j’ai trouvé deux points communs pour l’époque. Un croisement de veine et un décalage du puits par rapport à celle-ci. La différence réside sur le fait qu’une seule partie du puits est décalée mais que l’autre partie est bel et bien sur le croisement, disons plutôt, sur le centre de la veine la moins profonde.

 

Le fait le plus notable est que ce puits ancien traverse la veine d’eau ! Chose que je n’avais jamais relevé jusqu’à aujourd’hui.

Par le principe de creuser sur le bord et ensuite d’agrandir jusqu’à la surface au centre de la veine, ils ont pu récolter une grande partie du débit.

 

Les puits ronds ne pouvaient se permettrent d’être trop éloignés du centre de la veine, car en partie finale l’accès à celle-ci ne pouvait pas être trop éloigné par crainte d’instabilité de la construction par la suite (éboulement de la partie au-dessus de la cavité creusée pour atteindre le maximum de débit).

 

La solution était donc une fois le bas de la veine atteinte de par son bord (sol imperméable, fin de la présence de sable par exemple), de creuser depuis la surface au centre de la veine pour regagner la profondeur du premier trou. En quelques sortes deux puits côte à côte.

 

Ainsi les débits étaient beaucoup plus importants et de ce que j’ai pu en voir hier, le cureur de puits et le propriétaire, malgré deux pompes en permanence avaient bien du mal à descendre le niveau d’eau pour une simple veine de 2000 litres par heure.

 

Voici quelques photos

 

puits 1920 17 metres

 

Un puits de 17 mètres sur un croisement, par contre pas de décalage par rapport au centre sur ce cas de figure, mais le débit de la veine étant faible (600 litres/heure) ceci explique pourquoi. Ce puits date de 1920.

 

puits 1920 17 metres1

 

 

 

Voici le puits rectangulaire avec tout l’appareillage à godets servant à remonter l’eau par le biais d’un mécanisme rotatif actionné par un animal (vache, cheval, âne, …)

 

puits godets nettoyage-copie-1 puits a godets curage

 

(un petit coucou à Jean-Paul et Jean-Louis sur les photos, les puisatiers - cureurs de puits)

Partager cet article

Repost 0
Published by Laurent Cassé - dans Sourcellerie
commenter cet article

commentaires

Eric Blaise 10/03/2015 19:33

Bonjour est merci bien d'avoir donné une petite histoire sur les puits, et comment ils l'ont fait à l'ancien, Je n'aurais jamais cru qu'ils avaient des moyens de trouver les veines sous terrain. Donc, à part les équipements modernes, la technique reste encore le même jusqu'à aujourd'hui. J'ai assisté au creusement d'un puits il n'y a pas si longtemps de ça dans mon village de naissance, ce qu'il fallait faire état simple, on m'avait dit si l'endroit est à proximité d'un fleuve, il y a grande chance de creuser un puits.

Felice Morin 06/02/2015 19:06


Est-ce qu’il y a une vidéo sur l’installation d’un ballon de forage ? Je veux savoir si je peux le faire moi-même ou si je devrais plutôt embaucher un professionnel. J’aimerais un puits pour
arroser mes plantes. Nous avons un très grand jardin et un puits serait un investissement rentable. Merci pour l’article utile !


Felice | www.foragedenisproulx.com