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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 00:22

 ego

 

Rien qu’au titre de cet article on prend peur. Normal, le but étant d’introduire le sujet par une image complexe d’un équilibre dur à atteindre et dans un premier temps à comprendre.

 

L’ego est l’ennemi de l’évolution spirituelle ? Oui et non. Oui car l’ego, « le soi », le « je », le « moi » forme un concept égoïste quant à une prise de décision sur les choix que l’on doit faire au cours de notre vie.

La plupart d’entre nous (voire tout le monde) ne fait rien si cela ne lui apporte rien en retour. Certains vous diront que si et ceux-là sont souvent les plus égoïstes car ils le font pour justement faire valoir qu’eux le font pour rien. Bref, chacun voit son nombril.

 

L’idée de base est donc de se détacher de cet ego pour atteindre un état d’esprit désintéressé pour s’épanouir spirituellement, pour lâcher prise du monde matériel, de nos possessions en tant que biens personnels, etc … Oui, je le croyais aussi.

 

Mais il y a un « hic » dans cette démarche. Certes il est vrai que le détachement de soi permet de faire des prouesses. C’est vrai. Mais le but de la vie est-il de faire des prouesses ésotériques ou est-il de s’épanouir ?

 

La vie est une école. Une école demande un apprentissage, avec ses réussites mais surtout ses défaites. Ne mettez pas en valeur l’élève, négligez-le, ne lui donnez pas le plaisir de la réussite, empêchez-le de se féliciter et il perdra la motivation, l’envie de continuer d’apprendre, car il n’aura plus le besoin d’évoluer.

 

La mise en avant de l’ego est nécessaire, c’est le moteur de l’évolution. Mais comme rien n’est simple dans la vie il faut apprendre à maîtriser son ego et ne pas dépasser les frontières de l’excès, l’orgueil.

 

L’orgueil, excroissance de l’ego, va plus loin que la construction de l’être pour se rassurer. L’orgueil est le résultat d’une peur de ne pas paraître ce que l’on croit être vraiment. Toute la finesse de l’équilibre de l’ego consiste à se positionner dans un état de confiance en soi sans pour autant avoir le besoin de l’extérioriser.

 

L’équilibre est donc atteint lorsqu’on est capable de se satisfaire de nos réussites sans pour autant ressentir le besoin de le partager avec autrui. Réussir c’est se rassurer, partager la réussite est tout aussi plaisant et même moteur dans une démarche d’apprentissage, mais ce partage doit se faire naturellement par le cours des évènements de la vie et ne doit pas être forcé, placardé ou miroité, dans ce cas cela devient de l’orgueil qui n’amène que la peur de ne pas trouver un public capable de rassurer.

 

Cet équilibre existe aussi entre le matérialisme et le spiritualisme.

 

Tout comme la notion d’ego on trouve souvent dans les philosophies religieuses des idées telles que la possession de biens matériels est néfaste à une évolution spirituelle.

Il faut d’abord comprendre que tout ce qui nous entoure appartient à la fois à tout le monde et à personne. J’irais jusqu’à penser que la matière et le temps sont deux notions éphémères n’étant que des supports à des apprentissages.

 

Il faut voir la matière comme un outil, mais aussi comme une contrainte nécessaire à l’apprentissage.

 

Analysons nos vies.

Notre corps est un fardeau au quotidien, depuis la naissance jusqu’à la fin de vie physique où ce corps devient un gros boulet (comme s’il nous forçait à nous en détacher d’ailleurs …). Nous devons nous nourrir pour le faire fonctionner, donc nous devons nous déplacer, travailler etc … pour subvenir à ses besoins. Une accumulation de contraintes qui nous poussent à trouver depuis toujours des solutions pour nous faciliter ces tâches forcées. La matière est donc le support de notre apprentissage mais nous fournie aussi l’outil pour faciliter cette maîtrise.

 

On peut dire que l’être humain est plutôt doué dans la maîtrise de la matière. On ne peut pas vraiment dire que dans nos contrées (à part les éternels insatisfaits) que nos vies soient bourrées de contraintes pour survivre au quotidien. D’ailleurs la preuve en est du développement important des loisirs de ces dernières décennies. Mais est-ce une fin en soi de profiter de la maîtrise de la matière ou est-ce une porte ouverte sur un autre aspect de la vie ?

 

Il arrive un moment charnière dans la vie où l’apprentissage matériel doit évoluer sur un apprentissage non matériel. Cette période charnière arrive lorsque l’être prend conscience que tout ce qu’il a appris depuis sa naissance ne lui sert qu’à une seule chose, contenter son ego, en occultant tout ce qui n’a pas de conséquence sur ce contentement.

 

Pour beaucoup cette situation est suffisante. Tant mieux pour eux, ils sont heureux. D’ailleurs à la question de savoir ce qu’ils emporteront avec eux à l’heure de leur mort ils ne répondent pas. Car la mort fait peur, ils vivent dans l’instant présent (ou le futur proche, en se projetant sur ce qu’ils pourront se payer un jour).

Chacun doit aller là où bon lui semble. Cette frontière entre le besoin vital de possession matérialisme et le détachement progressif de celui-ci doit venir naturellement, cela doit devenir une évidence.

 

Tout comme l’ego nous avons donc besoin de la matière pour apprendre, mais comprendre que la possession matérielle ne sert que de support à nos émotions et que ces émotions sont le véritable fruit de l’apprentissage est une autre avancée.

 

Le plaisir de donner sans attendre un retour positif de la situation est un exemple parfait de ce qu’est l’équilibre entre l’orgueil et l’ego, le matérialisme et le spiritualisme.

 

Lorsque ce plaisir est suffisant à contenter l’ego, lorsque le détachement du retour matériel de notre action est atteint en toute franchise, la vie a un tout autre aspect.

 

Nous sommes alors détachés de beaucoup de contraintes quotidiennes. Mais attention, on pourrait très vite retomber dans le cliché du saint moine qui ne possède rien et qui ne vit que pour les autres. Je ne parle pas de ces êtres là car ils ont certainement atteint un état qui se contente de si peu. Mais est-ce qu’ils évoluent au quotidien ? Je n’ai pas la réponse. Ce n’est peut-être pas leur but.

 

Le sujet de cet article, pour conclure, est que nous devons respecter notre ego et le satisfaire de ce que l’on est. En retour il nous permettra de trouver la motivation. Nous ne devons pas le négliger mais nous devons le maîtriser pour qu’il n’annule pas nos chances de comprendre l’essence même de la vie en général, c’est-à-dire, celles des autres.

La matière apporte une obligation d’évolution mais peu aussi devenir un frein à cette même évolution lorsque son addiction ne permet plus de s’en détacher.

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Published by Laurent Cassé - dans Spiritualité
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